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De
l'embaumement à la Thanatopraxie
L'embaumement est la forme antique de la conservation
des corps et plus encore de la protection de l'âme.
En Égypte tout particulièrement, mais
aussi plus tard, chez les Romains, les Grecs, les Perses, les
Chinois, l'embaumement était motivé par des raisons
métaphysiques et eschatologique. Ainsi, les Égyptiens,
comme nous l'enseigne Hérodote, croyaient en l'immortalité
de l'âme. Ils pensaient que celle-ci n'abandonnait pas le corps
tant et aussi longtemps que celui-ci était soustrait à
la corruption.
Ils avaient la conviction que si le cadavre évitait
la putréfaction, il était périodiquement visité
par son âme, laquelle après un certain temps,
s'associait de nouveau à lui pour reprendre vie.
La technique de momification était très
complexe. L'embaumeur pratiquait l'ablation du cerveau et des
viscères (sauf le coeur et les reins) et le corps était
gardé pendant environ soixante-dix jours dans une solution de
salpêtre ou de natron.
L'embaumement au sens historique du terme ne doit pas
être confondu avec les soins modernes de conservation que l'on
nomment la thanatopraxie. Ce mot et ses déclinaisons,
(thanatopracteur, thanatologie, thanatochimie....) reposent sur un
néologisme qui associe Thanatos Dieu de la mort dans le
panthéon grec, à la fonction et au sens donné.
Cette pratique repose sur des études
scientifiques françaises, anglaises et américaines
réalisées dès le début du XVIIe siècle.
C'est en effet grâce à la découverte de la
circulation sanguine en 1628 par un médecin anglais, William
Harvey, que les techniques utilisées par le thanatopracteur
ont pu progresser.
Jean-Nicolas Gannal (1791-1852) est reconnu aujourd'hui
comme le père de l'embaumement moderne. L'histoire de Gannal
tend à faire oublier le nom d'un précurseur dont il
s'est inspiré. Il s'agit de l'italien Tranchina.
En 1832, Tranchina est le premier à injecter une
solution conservatrice chimique dans le système vasculaire.
Cette application nouvelle, héritée de Ruysh, des
Fragonard et des Hunter, inaugure la méthode de l'injection
alliée à l'utilisation des nouvelles ressources de la
chimie moderne en matière de désinfection et
d'antiputride.
En 1864, le docteur genevois Sigismond Laskowski met au
point une technique d'injection à l'aide de matériels
et de produits nouveaux. (Glycérine boratée comme agent
pénétrant des tissus profonds pour véhiculer les
produits conservateurs: Acide phénique ou phénol,
alcool à 95°, acide borique, bichlorure de mercure,
chlorure de zinc et des essences diverses: lavande, girofle,
citronnelle et romarin.)
Depuis cette époque, des découvertes
scientifiques, médicales et techniques ont permis l'évolution
permanente de notre art. (découverte du formol en 1868 par
Hoffmann)
Richard Harlan exporte les travaux de Gannal aux
Etats-Unis en traduisant le livre « Histoire de
l'embaumement », ce qui ouvrit sur le continent américain
la voie royale de notre art.
Thomas Holmes (1817-1900) traita 4000 corps durant la
guerre de Sécession.
Par la suite, des écoles furent crées:
William Bunnell (1823-1891), le docteur Auguste Renouard (1839-1912),
Joseph Clarke (1840-1916), Lina Odou, Léna Simmons.....
La méthode d'embaumement regagne alors le vieux
continent où elle était née mais où elle
avait pratiquement disparue car réservée aux personnes
riches ou illustres et à la conservation des pièces
anatomiques. Ce fut d'abord l'Angleterre en 1927 pour des raisons
linguistiques évidentes où Auguste Renouard fut
sollicité pour enseigner.
En 1963, Jacques Marette décroche son diplôme
d'embaumeur professionnel au Lear Institute
of Embalming et
décide d'implanter rapidement cette nouvelle technique
d'embaumement moderne sous le nom de thanatopraxie.
Création de l'Institut Française de
Thanatopraxie en 1963.
1976, homologation ministérielle des fluides de
conservation post-mortem.
1978, création de l'E.F.S.S.M. (École
Française des Soins et Sciences Mortuaires).
1986, agrément préfectoral pour effectuer
les actes thanatopraxiques.
1993, réforme des pompes funèbres et
nouvelles orientations, incluant entre autres la thanatopraxie dans
les services funéraires.
1994-1995, instauration d'un diplôme national de
thanatopracteur après un cursus d'études théoriques
et pratiques imposé.
Le nombre de thanatopracteurs en exercice est estimé
à environ milles individus tous statuts confondus et il est
traité près de trente pour cent des décès,
soit deux cent mille corps par an.
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Au hasard d'une rencontre sur "Thanatopraxie Art et Technique".








